Risques occasionnés par la mise en œuvre des matériaux d’isolation

On entend ici par risques les effets nocifs des matériaux d’isolation sur la santé des ouvriers qui les manipulent. On est donc dans le contexte de la construction. Les risques existent bel et bien, notamment chez les nouveaux matériaux d’isolation. Les nouveaux matériaux d’isolation se retrouvent surtout parmi les matériaux qui servent à diminuer les dépenses énergétiques dans un bâtiment. En voici quelques exemples :

Les laines minérales

Laine de verre, de roche ou de laitier… Elles entrent dans les travaux d’isolation murale. Ces matériaux irritent les voies respiratoires. La conséquence grave de la manipulation des laines minérales est l’asthme.

Les fibres minérales naturelles

Ces fibres peuvent remplacer l’amiante. Elles entrent dans la fabrication d’éléments d’isolation comme les plaques d’isolation thermique. Un autre élément intégrant les fibres minérales naturelles est le revêtement mural anti-feu. Citons également le fibrociment. Les ouvriers s’exposent à leur poussière. Leur inhalation peut provoquer l’irritation de la gorge et du larynx, et aussi du nez.

La perlite

C’est un nouveau matériau d’isolation phonique. En panneaux, elle sert de support d’étanchéité pour le toit. Elle dégage de fines poussières susceptibles d’atterrir dans les yeux et dans les fosses nasales. Elle peut atteindre les voies respiratoires et causer des irritations. Arrivée dans la gorge, elle se fraie un chemin vers les poumons.

La mousse de polyuréthane

Abréviée sous la forme MDP, la mousse de polyuréthane est un isolant thermique. Elle s’intègre dans les panneaux d’isolation ou dans les murs. On peut la pulvériser. Elle cause des allergies aux ouvriers. La réaction peut être immédiate ou retardée. Elle se manifeste par des eczémas, des urticaires ou de la rhino-conjonctivite. L’hypersensibilité peut aller jusqu’à la pneumopathie ou l’asthme.

Les fibres animales ou végétales

Elles s’appliquent comme isolants dans les murs, dans le plancher et dans la toiture. Elles se présentent sous diverses formes : Chanvre, Ouate de cellulose, Liège, Laine de mouton, Laine de lin, Laine de coco, Paille, Feutre de bois… Mélangés avec d’autres produits, ces isolants peuvent devenir dangereux. Leur inhalation prolongée ou le contact fréquent avec la formule obtenue peut entraîner des problèmes cutanés et respiratoires. Voici quelques additifs :

  • Le sel de bore

Cet additif mélangé avec les fibres végétales ou animales donne un produit résistant au feu. S’il s’agit d’un retardateur de flammes telle que l’acide borique ou le tétraborate de sodium, alors c’est reprotoxique. Le mélange est en même temps fongicide. Il peut causer des céphalées, des nausées, de l’essoufflement et des irritations de la peau.

  • Sulcofuron et perméthrine

Le sulcofuron est un pesticide. Donc, en plus d’être reprotoxique, il est cancérigène. La perméthrine, elle, est un insecticide dit pyréthrinoïde. La peau qui se trouve en contact avec le produit s’engourdit et se sent comme brûlée. L’allergie se manifeste sous forme de fourmillement. Gare aux dermatites, mais aussi à l’asthme et à la rhinite !

Pour conclure, les travailleurs dans le BTP s’exposent en permanence à des substances chimiques dangereuses. Lorsqu’ils mettent en place les éléments d’isolation de la maison, ils courent des risques sanitaires. L’employeur est tenu à évaluer ces risques. Il doit alors prendre les mesures préventives nécessaires pour leur sécurité.